Cela fait déjà plusieurs semaines que je n’ai pas écrit. La vie étant trépidante, je suis diverses formations pour élargir ma perception et mes compétences comme accompagnante en mieux-être. Au travers de toutes ces nouvelles connaissances enrichissantes et qui me fascinent, je poursuis les consultations en clinique privée, ce qui me passionne toujours autant et qui occupe tout mon temps.

En reprenant la plume aujourd’hui, j’ai voulu écrire sur un sujet délicat car dans les dernières semaines j’ai vécu un énorme choc. Vous savez ce genre de choc qui semble provoquer un tremblement de terre dans tout notre être… Un tremblement de vie qui fait craquer la rigidité, les perceptions, les acquis et toutes les structures en place… Ce genre de choc qui finit par mettre en lumières nos convictions et nos valeurs.
Alors que j’étais en formation à Montréal, il y a quelques semaines, j’ai reçu un texto m’avertissant qu’un ami très cher était entre la vie et la mort suite à une hémorragie cérébrale. On venait de lui découvrir une tumeur qui n’était pas opérable et que malheureusement, les dés étaient joués pour lui.
Deux jours plus tard, alors qu’il était dans un coma artificiel pour l’empêcher de souffrir, la famille a dû prendre la décision la plus difficile de leur vie, soit de le laisser partir. Pour tous les proches, ce fût une déchirure, un éclatement, un déversement… Comment un jeune homme de 43 ans, avec tant de talents et athlète de surcroît pouvait en un claquement de doigt disparaître aussi tragiquement? Tout cela n’avait aucun sens! Tout allait à l’encontre de la logique du cours de la vie!
Je crois que c’est justement ce manque de sens, cet illogisme qui nous pousse tôt ou tard à chercher un sens au non-sens… Et si justement derrière chaque tragédie se cachait un sens, celui de la recherche des valeurs profondes, de nos propres convictions, de la recherche de notre propre identité, ce qui est réellement important pour nous, de ce que l’on veut véritablement faire du temps qui nous est imparti sur cette terre? Et si derrière tout cela se cachait un cadeau inestimable; celui de la vie et de l’honorer?
Pendant un instant, qui nous appartient de faire durer dans le temps, nous avons tendance à revenir sur ce qui nous importe le plus dans notre vie. L’amour des êtres chers, de prendre le temps de savourer chaque instant avec eux, de leur dire que nous les aimons, de s’arrêter à leur parfum, leur regard, le son de leur voix et nous tentons de faire un baluchon de tous ces petits moments pour voyager avec le plus de souvenirs possibles, de tous ces moments d’éternité vécu en leur présence. De prendre le temps d’arrêter le temps, de regarder les flocons de neige qui tombent, de suivre le voyage des nuages dans le ciel, alors que nous ne nous souvenons plus de la dernière fois que nous avions pris le temps de le faire. De remercier la vie des rayons du soleil qui nous illuminent et qui célèbrent chaque naissance, chaque parcelle de vie. De prendre le temps de ressentir notre respiration, de l’air qui circule au travers de notre corps et qui donne cette vie à chaque instant depuis le moment où nous avons vu le jour. Tout à coup, nous avons la chance inestimable de s’arrêter à chaque miracle de la vie et de tous ses cadeaux que nous ne prenions même plus le temps d’observer, de savourer et de saluer.
Au travers de la douleur de perdre un fils, un conjoint, un père, un ami, un collègue, se pourrait-il que nous puissions y retrouver un apaisement, une réconciliation avec la vie? Se pourrait-il qu’avec chaque perte, nous arrivions à faire la paix et que nous en sortions encore plus grand, plus épanouie en revenant à ce qui est réellement important pour nous, de vivre chaque moment qui passe comme un cadeau inestimable que nous ne prenions plus la peine de s’y arrêter auparavant?
Est-ce que cela nous amène à vouloir retrouver un équilibre? De prendre conscience de sa propre santé? De vouloir se donner des moments précieux pour soi et avec ceux qui restent? De vouloir à un certain moment retrouver le silence en soi, pour entendre le murmure de notre âme, de notre cœur et que la sérénité puisse revenir en soi? De faire le silence pour reconnaître celui ou celle que nous sommes? Renouer avec soi pour être en phase avec la vie…
Est-ce que la perte d’un être cher pourrait ressembler à un cataclysme, à une forte inondation qui arrache tout sur son passage, nous rendant démuni pendant un moment, recherchant un sens à notre propre vie, mais qui finirait avec le temps à faire fleurir une nouvelle terre et un nouveau monde intérieur? Peut-être que tous les souvenirs de l’être cher viendraient tôt ou tard enrichir la terre de notre nouveau monde et dans lequel sa mémoire nous serait douce, laissant un sourire illuminé sur notre visage pendant que nos yeux seraient dans le vague, visitant ces moments précieux que nous avons partager avec lui…
Est-ce que nous ne devrions pas réfléchir en ce moment à ce que nous désirons réellement construire dans ce nouveau monde? Qu’aimerions-nous y trouver? Y bâtir? Y vivre? Être et ressentir? Qu’aimerions-nous conserver de l’être cher qui nous aidera à enrichir cette nouvelle terre d’accueil? Quelles qualités, forces, souvenirs voulons-nous garder de ceux que nous aimons et comment pouvons-nous maintenant les utiliser pour devenir la personne que nous avons toujours voulu être?
Et si chaque personne qui disparaissait nous aidait à devenir plus conscient, plus aimant, plus respectueux de soi et de ceux qui nous entourent? Et si cela nous amenait à la gratitude de tout ce que nous avons, de la chance d’avoir eu si près de nous une personne magnifique qui nous laisse parfois trop vite, mais qui de plus en plus nous emplit par tout ce qu’elle a été?
Et si après les pleurs, la tourmente, le vide, cela nous amenait à siffler un hymne à la vie? À honorer notre vie, notre être, notre amour et de construire après la tempête tout ce dont nos rêves portent.

À la mémoire de Monsieur Ironman, un défi qui lui a tant tenu à coeur et qui a réussi avec brio: Emmanuel Guay, 1978-2021
C’est un homme extrêmement inspirant qui nous a quitté, mais qui permettra, je l’espère, à plusieurs d’entre nous à se dépasser, à se recentrer et à puiser en sa motivation phénoménal pour construire exactement notre propre rêve.

Mes plus sincères sympathies Julie, à toi, à la famille d’Emmanuel, à ses amis et à tous les proches. Ton texte est inspiré et inspirant ! Savourons la vie, à chaque instant !
Merci pour ces bons mots… Je voulais inspirer un peu de lumière à ceux qui vivent la grisaille d’une perte et un éveil à la vie, à la réflexion de ce que l’on souhaite réellement accomplir en cette vie…
wow!! 52Et si nous devenions un peu plus conscients